Qu'est-ce que la taxe de séjour ?
La taxe de séjour est un impôt local perçu par les communes touristiques auprès des personnes hébergées à titre onéreux. Elle est destinée à financer les dépenses liées au tourisme : office de tourisme, entretien des sites, signalétique, événements culturels.
En France, la taxe de séjour existe depuis la loi du 13 avril 1910. Elle a été profondément réformée par la loi de finances de 2019, qui a introduit un régime spécifique pour les hébergements non classés — catégorie dans laquelle entrent la majorité des locations saisonnières.
Qui est concerné ?
Les hébergeurs
Tous les propriétaires ou gestionnaires de meublés de tourisme situés dans une commune ayant institué la taxe de séjour sont concernés. Cela inclut :
- Les locations saisonnières classées (1 à 5 étoiles)
- Les locations saisonnières non classées
- Les chambres d'hôtes
- Les hébergements loués via Airbnb, Booking.com, Abritel, etc.
Les voyageurs
La taxe est due par toute personne de plus de 18 ans qui séjourne dans un hébergement touristique soumis à la taxe. Sont exonérés :
- Les mineurs (moins de 18 ans)
- Les titulaires d'un contrat de travail saisonnier dans la commune
- Les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence
- Les personnes occupant des locaux dont le loyer est inférieur à un seuil fixé par la commune
Les tarifs de la taxe de séjour
Le régime « au réel »
La majorité des communes appliquent la taxe de séjour au réel, c'est-à-dire un montant fixe par personne et par nuitée, qui varie selon la catégorie de l'hébergement :
| Catégorie | Tarif par personne par nuit |
|---|---|
| Palaces | 0,70 à 4,20 € |
| Hôtels 5 étoiles | 0,70 à 3,00 € |
| Hôtels 4 étoiles | 0,70 à 2,30 € |
| Hôtels 3 étoiles | 0,50 à 1,50 € |
| Hôtels 2 étoiles | 0,30 à 0,90 € |
| Hôtels 1 étoile | 0,20 à 0,80 € |
| Meublés de tourisme 5 étoiles | 0,70 à 3,00 € |
| Meublés de tourisme 4 étoiles | 0,70 à 2,30 € |
| Meublés de tourisme 3 étoiles | 0,50 à 1,50 € |
| Meublés de tourisme 2 étoiles | 0,30 à 0,90 € |
| Meublés de tourisme 1 étoile | 0,20 à 0,80 € |
| Hébergements non classés | 1 à 5% du prix de la nuitée |
Le cas des meublés non classés
La plupart des locations saisonnières ne sont pas classées. Dans ce cas, la taxe de séjour est calculée en pourcentage du coût par personne de la nuitée, dans une fourchette de 1 à 5% fixée par la commune.
Exemple de calcul :
- Nuitée à 100 € pour 2 personnes = 50 € par personne
- Taux communal : 3%
- Taxe de séjour : 50 € × 3% = 1,50 € par personne par nuit
- Pour 2 personnes sur 5 nuits : 1,50 € × 2 × 5 = 15 €
Important : le montant par personne par nuit est plafonné au tarif le plus élevé de la grille, soit le tarif « palaces » (4,20 € maximum en 2026).
La taxe additionnelle départementale
Le département peut voter une taxe additionnelle de 10% sur le montant de la taxe de séjour communale. Cette taxe est collectée en même temps que la taxe communale.
La collecte par les plateformes
Airbnb
Depuis 2015, Airbnb collecte et reverse automatiquement la taxe de séjour pour le compte des hébergeurs dans les communes ayant signé une convention avec la plateforme. En 2026, plus de 32 000 communes françaises sont couvertes.
Si votre commune a signé une convention avec Airbnb, vous n'avez rien à faire : la taxe est calculée automatiquement, ajoutée au prix payé par le voyageur, et reversée directement à la commune.
Booking.com
Booking.com a mis en place un système similaire à partir de 2019. La collecte est automatique dans les communes partenaires.
Autres plateformes
Abritel (Vrbo), Holidu, et d'autres plateformes proposent également la collecte automatique dans certaines communes. Vérifiez auprès de chaque plateforme.
Réservations directes
Pour les réservations en direct (site web personnel, email, téléphone), c'est à vous de collecter la taxe de séjour et de la reverser à la commune. C'est le cas également si votre commune n'a pas signé de convention avec les plateformes.
La déclaration et le reversement
La déclaration
Chaque hébergeur doit déclarer à la commune :
- Le nombre de nuitées réalisées
- Le nombre de personnes hébergées
- Le montant de la taxe de séjour collectée
- Les exonérations appliquées (mineurs, etc.)
La périodicité de la déclaration varie selon les communes : mensuelle, trimestrielle, semestrielle ou annuelle.
Le reversement
Le montant collecté est reversé à la commune selon le calendrier fixé par celle-ci. La plupart des communes imposent un reversement à la même fréquence que la déclaration.
Les sanctions en cas de non-respect
Le non-respect des obligations de collecte et de reversement est passible de :
- Amende de 750 € pour défaut de perception de la taxe
- Amende de 12 500 € pour défaut de reversement
- Intérêts de retard sur les sommes non reversées
Conseils pratiques
Identifier le tarif de votre commune
Le tarif de la taxe de séjour est fixé par délibération du conseil municipal. Vous pouvez le trouver :
- Sur le site de votre mairie
- Sur le site taxedesejour.impots.gouv.fr
- En contactant l'office de tourisme local
Intégrer la taxe dans votre pricing
Deux approches sont possibles :
- Taxe en sus : le voyageur paie la taxe en plus du prix de la nuitée (recommandé pour la transparence)
- Taxe incluse : le prix affiché inclut la taxe (attention à ne pas réduire votre marge)
Tenir un registre
Conservez un registre des nuitées avec pour chaque séjour :
- Dates d'arrivée et de départ
- Nombre de personnes (adultes / mineurs)
- Montant de la taxe collectée
- Numéro de la réservation
Ce registre sera votre preuve en cas de contrôle.
Automatiser avec votre PMS
Les channel managers et PMS modernes intègrent le calcul automatique de la taxe de séjour. Configurez le tarif de votre commune et le montant sera calculé et ajouté automatiquement à chaque réservation.
Les réformes récentes et à venir
Les impacts de la réforme de 2019
La loi de finances de 2019 a profondément modifié le paysage de la taxe de séjour en France. L'introduction du régime proportionnel (1 à 5% du prix de la nuitée) pour les hébergements non classés a considérablement augmenté les recettes des communes touristiques. Cette réforme a également responsabilisé les plateformes numériques en les désignant comme collecteurs de droit, mettant fin à des années d'évasion fiscale sur les réservations en ligne. Pour les propriétaires, le principal changement a été la fin du tarif unique et l'apparition d'un calcul proportionnel qui peut varier significativement selon le prix de la nuitée.
Les évolutions potentielles en 2026
Plusieurs projets de réforme sont en discussion au Parlement et dans les collectivités locales. Le plafond de la taxe pour les hébergements non classés pourrait être relevé au-delà de 4,20 € par personne par nuit, en réponse aux demandes des communes très touristiques. Certaines métropoles comme Paris, Nice et Bordeaux militent pour une autonomie accrue dans la fixation des tarifs, afin de mieux réguler la pression touristique sur le logement. La question d'un taux majoré pour les résidences secondaires louées en saisonnier est également à l'étude.
L'alignement avec les standards européens
L'Union européenne travaille à une harmonisation des taxes touristiques via le Digital Services Act et les règlements sur les locations de courte durée. Le règlement européen 2024/1028 relatif à la collecte et au partage de données sur les services de location de logements de courte durée, entré en vigueur en 2024, impose aux plateformes de transmettre les données de location aux autorités nationales. Cette transparence accrue facilitera le contrôle du paiement de la taxe de séjour et pourrait conduire à un rapprochement des taux entre pays membres.
Les obligations des plateformes numériques
Les plateformes comme Airbnb, Booking.com et Abritel sont désormais considérées comme des intermédiaires de paiement pour la taxe de séjour. Leur obligation de collecte et de reversement s'est étendue progressivement à la quasi-totalité des communes françaises. En contrepartie, elles bénéficient d'une commission de collecte et d'un accès simplifié aux délibérations communales via la base de données nationale. Les propriétaires doivent toutefois rester vigilants : la collecte automatique par la plateforme ne les dispense pas de vérifier que le bon tarif est appliqué et de déclarer les nuitées issues de réservations directes.
Les outils de gestion de la taxe de séjour
La gestion de la taxe de séjour peut rapidement devenir complexe, surtout si vous gérez plusieurs logements ou recevez des réservations via différents canaux. Plusieurs solutions existent pour vous simplifier la tâche.
Le suivi manuel par tableur
Pour les propriétaires gérant un ou deux logements, un simple tableur Excel ou Google Sheets peut suffire. Créez des colonnes pour les dates d'arrivée et de départ, le nombre d'adultes, le prix par nuitée, le taux communal et le montant de la taxe calculé. L'avantage est la simplicité et le coût nul. L'inconvénient est le risque d'erreur humaine et le temps consacré à la saisie manuelle, surtout en haute saison lorsque les séjours s'enchaînent.
Les fonctionnalités intégrées aux PMS
Les Property Management Systems (PMS) comme Lodgify, Guesty, Hostaway ou Beds24 intègrent des modules de calcul automatique de la taxe de séjour. Il suffit de paramétrer le tarif de votre commune et le logiciel calcule la taxe pour chaque réservation, l'ajoute au prix total et génère des rapports de synthèse prêts à transmettre à la mairie. C'est la solution la plus adaptée pour les gestionnaires de plusieurs logements ou les conciergeries professionnelles.
Les plateformes municipales dédiées
De plus en plus de communes et d'intercommunalités mettent en place des plateformes en ligne dédiées à la déclaration et au reversement de la taxe de séjour. Ces télé-services permettent de saisir les nuitées, de calculer automatiquement le montant dû, de générer les bordereaux de reversement et de payer en ligne. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de l'office de tourisme pour savoir si votre commune propose un tel service.
L'intégration avec la comptabilité
Pour une gestion optimale, connectez vos outils de collecte de taxe de séjour à votre logiciel comptable. Les PMS modernes proposent des exports au format compatible avec les principaux logiciels de comptabilité (QuickBooks, Pennylane, Indy). Cette intégration permet de suivre en temps réel les montants collectés, de provisionner les sommes à reverser et de simplifier la déclaration fiscale annuelle. Pour les conciergeries gérant un portefeuille important, cette automatisation représente un gain de temps considérable et réduit les risques d'erreur.
Conclusion
La taxe de séjour est une obligation incontournable pour tout propriétaire de location saisonnière en France. Si les plateformes comme Airbnb et Booking.com automatisent largement la collecte, les réservations directes restent sous votre responsabilité. Identifiez le tarif de votre commune, tenez un registre rigoureux et reversez les sommes dans les délais pour éviter les sanctions.